mer. 03 / 06

Enfin de retour !

L’Équipe de l’Université Populaire d’Anderlecht est de retour au bureau ! Nous avons réintégré nos locaux depuis le lundi 25 mai 2020. Ce moment longuement attendu a été suivi de près de l’ouverture au public le 2 juin 2020.

Mais avant de revenir en ce lieu rassurant qui ouvre des possibles, tant de possibles vers un monde meilleur, il me semble essentiel de mettre des mots sur cette traversée en eaux troubles de près de 3 mois.

Que s’est-t-il passé ? Qu’avons-nous traversé ces derniers mois ?

Un drame pour certains, de la détresse pour d’autres, des moments de tendresse, de violences aussi… Un désir d’agir, suivi par un sentiment d’impuissance. Pas mal d’obéissance, et des moments de désobéissance. L’impuissance, la colère, le jugement d’autrui. Le repos, les petits plaisirs oubliés, la nature.
La peur, la prise de conscience et de poids. La violence symbolique qui se révèle au grand jour et qui frappe de plein fouet. La faim pour certains, la solitude ou le manque d’espace pour soi …

Une concentration extraordinaire de moments forts, qui laisseront sans aucun doute des traces dans la conscience individuelle, mais aussi dans la conscience collective touchée en plein dans le mil.

Ces eaux troubles ne l’étaient-elles pas déjà en réalité ? Avons-nous peut-être seulement dû ouvrir les yeux pour le découvrir ? Cette période a-t-elle permis d’apaiser le mouvement, de laisser l’eau s’éclaircir en rendant ainsi la vision plus limpide, permettant d’éveiller notre conscience collective ?

La vie individuelle et collective chamboulée, de quoi remuer et accélérer le processus de changement?

Je m’attache à croire que nous sommes sur la voie de l’éveil de notre conscience collective et que c’est par cette voie-là que le changement de cap est possible ! Il me semble évident qu’aujourd’hui, chaque citoyen du monde - à différente échelle évidemment - a gouté aux conséquences de notre société. Nous avons gouté aux conséquences de l’anthropocène*. Cette « ère géologique actuelle se caractérisant par des signes visibles de l'influence de l'être humain sur son environnement, en particulier sur le climat et la biosphère »1 ?

Et ce retour alors ? On fait quoi de tout ça ?

Comment rassembler toutes les voix – pas juste les voix dominantes- de cette conscience collective pour activer le changement et quel changement?

Il est grand temps de reprendre notre mission sur le terrain, de s’engager encore et encore mais différemment. Le temps est compté et les mois à venir ne seront pas des plus tendres. Nous devons rassembler nos idées, nos réseaux, nos connaissances et nos savoir-faire plus que jamais !

Nous avons déjà constaté que la demande en besoins de première nécessité a explosé ces 3 derniers mois, elle avait déjà tendance à augmenter les dernières années de façon très conséquente mais aujourd’hui certaines familles n’ont plus aucune ressource financière ! Aucune !

Il s’agit de notre public, de nos familles, nos amis, nos collaborateurs. Toute cette population connectée à l’UPA qui se débrouillait tant bien que mal, vivotait. Artistes, indépendants, travailleurs non déclarés régularisés ou non, …! Ce ne sont plus ces habituelles « pauvretés » auxquelles nous faisions face ! Je vous parle d’une aggravation majeure de la situation, 

Il est absolument essentiel de trouver des façons d’agir sur 3 fronts : répondre aux besoins immédiats (médicaux, alimentaires, psychologiques,…) ; travailler sur des revendications d’actions claires auprès de notre gouvernement dans cette situation d’urgence et enfin ; se réunir avec d’autres mouvements pour activer un changement de fond ! 

La mission des vivants, soit de chacun d’entre nous est celle de vivre et de permettre aux autres de vivre, elle est de prendre soin de notre environnement celui du vivant ! 

Je suis soulagée de retrouver l’UPA, animée d’une motivation renouvelée et d’un désir d’agir ! 

Soumaya Mettioui

 

1 TV5 Monde - AFRIQUE : Coronavirus :Interview par Oumy Diallo de Felwine Sarr 

Informations pratiques

Si vous désirez venir à l'UPA, vous devez obligatoirement nous téléphoner au préalable au numéro de téléphone suivant : 02 380 92 27

Le port du masque est obligatoire dans l'ensemble du bâtiment, si vous n'en possédez pas, nous vous en fournirons un gratuitement. 

Il vous sera également demandé de vous laver les mains à l'accueil.