#5 Bruxelles la diversité à tout prix ?

Sommaire

TOUTE MIXITÉ EST-ELLE BONNE À PRENDRE ?
Nicolas Marion

DE LA CRÉATION À LA COHÉSION
Avec Leila Duquaine

L’ « ART SOCIAL » : CRÉATEUR DE PONTS ENTRE CULTURES
Daniele Manno

L’AUTRE, C’EST DU PAREIL AU MÊME
Edgar Szoc

CECI N’EST PAS UNE BANDE DESSINÉE !
Maïa Kaiss

BRUXELLES DANS TOUS SES ÉTATS

CHÈRE BRUXELLES
Charline Fonteyn

BRUXELLES, MES PRUNELLES !
Manza Abdeslam

LA FABRIQUE
Leila Duquaine

LA DIVERSITÉ : UN CONCEPT PIÈGE DANS LE MONDE DU CINÉMA
Avec Claire Tomasella

QUAND LES ENFANTS DE L’UPA S’EN MÊLENT !

Edito

Le 22 et 23 juin prochains, l’Université Populaire d’Anderlecht (UPA) organisera en co-production avec l’Ancienne Belgique, la troisième édition du Festival Populaire de BXL. Si cet évènement se construit autour de la rencontre, de l’expression et du décloisonnement, il entend également démonter les stéréotypes et autres préjugés, liés notamment au « Bruxelles populaire ».

L’an dernier, nous avons voulu profiter de l’occasion pour questionner le concept de diversité, aujourd’hui brandi de toute part et à toutes les sauces, malgré un consensus implicite couvrant la diversité culturelle ou d’origine. A force d’une utilisation outrancière, ne s’est-il pas vidé de son sens ? Et, le cas échéant, de quel sens ? Est-ce que ce concept est encore pertinent dans le milieu associatif ? Ou bien sert-il principalement à décorer les demandes de subsides ? Grâce à la participation d’artistes, d’intellectuel.le.s et d’acteur.rice.s du monde associatif, des pistes de réflexion et d’expression ont été amorcées.

Loin de vouloir, une fois de plus, cloisonner le terme « diversité », nous souhaitions l’interroger à travers des expériences individuelles. Hélas, nous avons dû nous rendre à l’évidence. Un plongeon quotidien dans cette même diversité, tantôt réelle (du Bruxelles cosmopolite) tantôt conceptuelle (à travers une promotion intempestive), renvoyait la somme des contributions au consensus (cliché ?) de départ que nous entendions questionner. Insatisfait.e.s, nous avons gardé la revue « au chaud », l’avons ouverte, puis refermée dans l’espoir de la rouvrir autrement.

A ce jour, nous l’estimons prête. Certes, elle ne clôture pas le chapitre (ô que non !) mais elle ouvre le débat. travers sa lecture, le lecteur e† la lectrice remarqueront l’opposition forte entre le terrain et la théorie. Qu’à cela ne tienne : issue d’une démarche expérimentale, la Mauvaise Herbe entend susciter les réflexions et avis différents, à travers des formes variables.

Dans un premier temps, l’article de Nicolas Marion nous plonge dans une réflexion sociologique de la « mixité », critiquant son usage politique et creux. Alors que, selon lui, la mixité opprime plus les minorités qu’elle ne les émancipe, il propose de nouvelles voies à suivre afin d’en faire un moyen concret d’action.

En deuxième lieu, la parole est donnée à Leila Duquaine et Daniele Manno, acteur.trice.s du monde associatif. Engagé.e.s dans des projets de terrain, ils nous livrent leur conception de la diversité.

En guise de transition, avant la BD de notre illustratrice, Edgar Szozc questionne l’efficacité du principe d’égalité dans les mouvements anti-racistes et propose d’y remédier par l’humour.

La Mauvaise Herbe consacre également quelques unes de ses pages à des expressions qui allient esthétique, émotions et réflexions autour du concept de diversité. Alors que la poésie de Charline Fonteyn nous propose une balade dans une Bruxelles multiple, celle de Leila Duquaine interroge l’absurdité et la nécessité de l’exil en Occident. Le texte de Manza Abdeslam nous dévoile, quant à lui, une déclaration d’amour à Bruxelles, sa ville d’adoption. Egalement un espace d’expression artistique, ce numéro offre une visibilité à ceux et celles qui sont né.e.s ici, qui ont été adopté.e.s ou qui viennent d’arriver. Grâce à ces trois auteurs et autrices, la Mauvaise Herbe souligne que la diversité n’est ni nouvelle, ni passée.

Nous proposant un autre son de cloche, Claire Tomasella expose, dans une interview, les enjeux liés à l’emploi de la notion de diversité dans le milieu cinématographique. Pour elle, la notion est souvent l’expression d’un rapport de domination. Elle interroge donc ses utilisations et le contexte dans lequel il est mobilisé.

Les connaisseu.r.se.s de l’UPA se verront ravis que la Mauvaise Herbe ne livre, dans ce numéro, aucune réponse clé-sur-porte : les articles proposent des visions complémentaires, parfois en opposition mais toujours questionnantes. Ainsi, bien que questionnée, la diversité demeure un mot-clé, aujourd’hui bien trop ancré que pour être réduit à néant. Les lecteurs s’en rendront compte dans les pages suivantes et pourront piocher selon leurs sensibilités et leurs questionnements parmi les réflexions diverses.

Abonnement
Version
Facture